Un directeur de publication basé à Yaoundé vient d'être chassé du ministère de la Santé publique comme un malpropre. Les vigiles ont reçu des instructions directes du chef de la Division des Études et Projets, Ousmane Diaby, de le mettre hors du portail après lui avoir proféré des menaces, le traitant ainsi d'indic et d'espion.
Les visiteurs et le personnel du ministère ont assisté médusés à ce spectacle désolant qui a créé un attroupement, laissant tout passant indigné. Le directeur de publication du journal "La Tornade", pourtant un habitué de la maison, venait d'essuyer une bonne dose d'humiliation en public.
Se rendant dans ce ministère ce matin, alors qu'il avait déjà franchi le portail, il a été brusquement apostrophé à la guérite par le directeur de la Division des Études et Projets, vêtu d'un ensemble boubou et d'une chechia. Sur un ton particulièrement agressif, ce dernier a bousculé notre confrère avant de faire recours aux vigiles en leur intimant l'ordre de le "vider des lieux". Selon des témoins, les deux hommes ont failli en venir aux mains, n'eût été l'intervention des passants et des vigiles qui se sont empressés d'exécuter les injonctions reçues.
Cet incident intervient quelques jours seulement après les premières décisions judiciaires formulées contre quatre responsables du ministère, fortement impliqués dans le scandale du Covidgate. Lors de l'audience du 27 mars dernier, ces hauts fonctionnaires poursuivis pour faute de gestion et détournements de fonds ont appris qu'ils encourent 10 ans de déchéance et de lourdes peines pécuniaires, selon les réquisitions de l'avocat général de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême.
Ces informations, largement relayées sur les réseaux sociaux et en Une du journal "Le Zénith", semblent avoir plongé les responsables du ministère de la Santé dans un état de stress extrême. "On n'en est qu'au premier dossier, et déjà Ousmane Diaby, l'homme à tout faire de Manaouda Malachie, perd son sang-froid et se donne en spectacle en pleine rue", commente une source interne au ministère.
L'incident met en lumière la vulnérabilité croissante du ministre de la Santé et de son entourage. Nous savons tous que le très brouillant ministre, "l'homme aux plateaux techniques de standard à redonner vie aux fantômes", s'était construit un réseau de protection auprès du Ministre de la Justice, Laurent Esso, afin de se mettre à l'abri de toute menace judiciaire.
Cette connexion stratégique lui aurait coûté des centaines de millions versés à divers intermédiaires, notamment à l'homme d'affaires Amougou Belinga et sa coterie. Malheureusement pour le ministre, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis : Amougou Belinga se trouve aujourd'hui derrière les barreaux, tandis que Laurent Esso est gravement malade, affaiblissant considérablement le bouclier protecteur dont bénéficiait jusqu'alors le ministère de la Santé.
"Le temps de Dieu est le meilleur", nous confie un fonctionnaire témoin de la scène, faisant allusion à l'effondrement des protections dont jouissait autrefois le ministre. "Les millions versés à Amougou Belinga ne servent plus à rien maintenant qu'il est entre quatre murs, et Laurent Esso n'est plus en mesure d'intervenir comme avant."
Plus surprenant encore est le comportement d'Ousmane Diaby qui, plutôt que de se concentrer sur ses responsabilités à la Division des Études et Projets dans ses bureaux situés non loin du Centre Pasteur, préfère désormais filtrer personnellement les entrées et sorties au ministère. Un comportement qui suscite des interrogations sur sa colossale fortune personnelle, que plusieurs sources promettent de documenter prochainement.
"Le Cameroun est à l'envers", conclut notre source, exprimant le sentiment général face à cette dérive autoritaire au sein d'une institution publique censée être au service des citoyens.
Les observateurs s'accordent à dire que cette agression envers un journaliste reflète la nervosité qui règne actuellement au sein du ministère de la Santé. Avec l'instruction judiciaire du Covidgate qui se poursuit et d'autres dossiers sensibles qui "traînent dans les tiroirs des structures en charge de traquer les délinquants économiques", les prochains mois s'annoncent particulièrement agités pour le ministre Manaouda Malachie et ses collaborateurs.
Privé de l'appui d'Amougou Belinga, incarcéré dans le cadre de l'affaire Martinez Zogo, et de Laurent Esso, dont l'état de santé le tient éloigné des affaires publiques, le ministre semble désormais exposé aux vents contraires. Cette situation explique sans doute la nervosité croissante de ses plus proches collaborateurs, à l'image d'Ousmane Diaby dont l'attitude agressive envers la presse ne fait que confirmer l'anxiété qui règne dans les couloirs du ministère.
En attendant, la profession journalistique s'inquiète de cette escalade contre la liberté de la presse et ce flagrant délit d'entrave au travail d'information dans un ministère qui, plus que jamais, devrait faire preuve de transparence après les scandales qui l'ont éclaboussé.