Le lanceur d'alerte Paul Chouta a poussé un coup de gueule. Zéro tolérance à la violence conjugale, dit-il. Dans son texte titré « Une femme contre une femme », il interpelle le juge.
Madame la juge, c'était une fille, des parents sont inconsolables. C'était une sœur, des frères pleurent dans la rue. C'était une maman de 3 enfants, qui ne comprendront ni le départ de leur maman sous les coups de leur père, ni votre verdict.
C'était une enseignante, quand on sait combien s'en vont ailleurs, elle avait choisi de rester, ses élèves pleurent. C'était une femme qui a souffert de violence, dans son intimité, dans sa chair, dans le secret de son âme, personne ne l'a sauvée.
C'était une femme qui n'a pas pu se protéger d'elle-même, victime des préjugés, "il faut supporter, une femme est faite pour le mariage, même sous les coups". C'était une femme qui a pensé rester, malgré tout, car le mariage est une institution divine.
Madame la juge, il aurait plaidé coupable, d'où sort la condamnation de 5 ans avec sursis, une amende de 52 000 francs CFA, telle une petite tape dans le dos ? Un sursis qui lui offre sa prochaine victime, oui une autre femme sera exposée aux violences. Car une personne violente ne change jamais.
Comment est-ce possible ? J'ai entendu ce genre de verdict hier, je croyais à une méprise, jusqu'à ce que cette famille, ces frères en détresse publique, me le confirment. Madame la juge, comment fait-on pour dormir après un verdict pareil ? La douleur encore plus vive pour les survivants, les enfants.
Madame le juge, votre verdict est incompréhensible. Dorénavant, puisque le verdict sera une peine avec sursis et une amende en dessous du Smig, pour une vie, une vie de femme. La justice est la garantie pour un État.