Une note confidentielle révélée ce jour jette un nouvel éclairage sur le bras de fer qui oppose le Cameroun à la société minière australienne Sundance Resources. Alors qu'une solution négociée semblait se dessiner, le président Paul Biya a personnellement mis fin aux discussions, maintenant une position inflexible dans ce dossier aux implications financières colossales.
Le ministère de la Justice, sous l'impulsion de Jean De Dieu Momo, avait élaboré une stratégie de règlement à l'amiable avec Sundance Resources. Cette tentative de conciliation a cependant été brutalement interrompue par l'intervention du Secrétaire Général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Dans une note confidentielle qui vient d'être divulguée, ce dernier précise que le président Paul Biya refuse catégoriquement toute discussion et maintient sa ligne intransigeante, résumée par la formule lapidaire : "Pas un franc pour Sundance."
L'origine du conflit remonte à 2015, lorsque les autorités camerounaises ont décidé de retirer à Sundance Resources ses droits d'exploitation sur le gisement de fer de Mbalam, considéré comme l'un des plus riches d'Afrique. En réaction, la compagnie australienne a engagé des poursuites internationales, réclamant une compensation de 5,5 milliards de dollars (environ 3 300 milliards FCFA).
Face à cette menace financière considérable pour les finances publiques camerounaises, Jean De Dieu Momo avait proposé un accord transactionnel à hauteur de 94 milliards FCFA pour mettre un terme définitif au litige.
"Une négociation aurait permis d'économiser des milliards et d'éviter une condamnation humiliante. Mais la présidence a tranché : c'est la guerre judiciaire", confie sous couvert d'anonymat un conseiller ministériel proche du dossier.
Plusieurs hypothèses circulent dans les cercles du pouvoir pour expliquer cette décision présidentielle :
Le président camerounais refuserait de céder face aux pressions d'une multinationale étrangère, considérant que les ressources naturelles du pays doivent rester sous contrôle national.
Le gisement de Mbalam susciterait l'intérêt d'autres investisseurs, notamment chinois et français, qui pourraient proposer des conditions plus avantageuses pour l'État camerounais.
À l'approche d'échéances électorales cruciales, Paul Biya ne voudrait montrer aucun signe de faiblesse qui pourrait être exploité par ses opposants.
La prochaine étape de ce contentieux se jouera devant les tribunaux internationaux. Le Cameroun devra y défendre sa position avec le risque majeur d'être condamné à verser une somme bien supérieure aux 94 milliards FCFA qui étaient envisagés dans le cadre d'un règlement négocié.
Cette affaire illustre les enjeux complexes de la gouvernance des ressources naturelles en Afrique et la difficulté à concilier souveraineté nationale, développement économique et respect des engagements internationaux.