La tension palpable entre le ministère de la Justice et le secrétariat général de la présidence vient d'éclater au grand jour. Selon nos informations confirmées par Jeune Afrique, une note confidentielle adressée par Jean de Dieu Momo, ministre délégué à la Justice, à Ferdinand Ngoh Ngoh a fuité sur les réseaux sociaux. Ce document explosif révèle un conflit ouvert autour du paiement des 2,1 millions d'euros dus au cabinet d'avocats français Jeantet. "Mon ministère n'a été associé ni au choix de ce conseil, ni aux négociations sur les honoraires", peut-on lire dans cette missive qui jette une lumière crue sur les dysfonctionnements de l'État.
Derrière les apparences protocolaires, c'est un véritable coup de force institutionnel qui se joue. Alors que le ministre titulaire Laurent Esso reste confiné dans sa résidence de Mvan, officiellement en convalescence, son ministre délégué tente de résister aux injonctions présidentielles. Mais le constat est sans appel : face à la toute-puissance de Ferdinand Ngoh Ngoh, considéré comme l'homme fort du régime, la Justice camerounaise apparaît singulièrement affaiblie. "Juridiquement, le ministre délégué agit en intérimaire et non par délégation", nous explique un fin connaisseur des arcanes du pouvoir, soulignant ainsi la précarité de la position de Momo.
Après plusieurs semaines de résistance, le ministère a finalement cédé. Ce recul sonne comme une victoire éclatante pour le secrétariat général de la présidence et confirme l'asymétrie des rapports de force au sommet de l'État. "Le bras de fer a finalement tourné à l'avantage de Ferdinand Ngoh Ngoh", constate amèrement un haut fonctionnaire sous couvert d'anonymat. Cette issue soulève des questions fondamentales sur l'équilibre des pouvoirs et la capacité des institutions à résister aux pressions politiques.