Actualités of Monday, 24 February 2025

Source: Calvin Djouari

'Le tribalisme n’est pas une mauvaise chose'

'Le tribalisme n’est pas une mauvaise chose' 'Le tribalisme n’est pas une mauvaise chose'

Des Lois contre le Tribalisme : Pourquoi en Faire ?

J’essaie d’être moins sévère avec les vieux, car j’ai grandi dans une société qui nous a appris à respecter les anciens et moi même je suis à mi-vie. Nous étions encore plus petits, quand nous les avons vus jeunes et adulte entrain de servir, c’étaient des travailleurs, et l’égoïsme qu’ils étalent à cet âge n’est que le reflet de la jeunesse elle-même. Leur ingratitude, les jeunes la pratiquent aussi, souvent de manière exacerbée. L’écrivain engagé ne doit pas être une épine dans l’œil de la société au point de semer le chaos, car dans le chaos, plus personne ne lira ses paroles, et s’il revient ensuite donner de bons conseils, qui l’écoutera ? Je parle de l’écrivain. Le tribalisme, dans son essence, n’est pas mauvais. Avoir une conscience tribale, c’est reconnaître son appartenance à un groupe, l’aimer et s’y identifier. C’est aimer les plats qui font notre identité, se retrouver parmi ceux qui partagent notre langue et nos coutumes. Mais instrumentaliser la tribu comme un levier d’ambition en méprisant les autres, c’est sombrer dans l’égocentrisme, qui est l’opposé du véritable tribalisme que les fabricants des lois brandissent chaque jour. La tribalité il faut la combattre par l’éducation, et non pas par des lois.

Il existe des peuples, qui ne sont pas ceux pas ceux là qu’on pense, qui savent accueillir les autres tout en cultivant leur tribalité avec la plus ferme discrimination et discrétion. Arrêtez de menacer les gens ! Les camerounais sont hospitaliers partout chez eux même ceux qui en parlent avec emphase. C’est vous qui avez fait du tribalisme un outil d’ascension, un levier au service d’ambitions personnelles. Quand, dans un concours, l’on retrouve une tribu entière alignée au détriment des autres, peut-on encore parler de mérite ? C’est un détournement pernicieux. Je suis pour la tribu du vrai. C’est à dire que les meilleurs doivent sortir de partout. Dans ce cas faire les concours dans toutes les régions du Cameroun et ne pas avoir des centre uniques. Je connais les travers des regroupements claniques. J’en ai fait l’expérience avec mes amis issus d’une même région dans ma vie. Ce genre de solidarité peut parfois engendrer des violences inouïes, bien plus profondes que celles que les lois cherchent maladroitement à réprimer. On nous brandit des lois pour tout ce que les jeunes reprochent aux vieux, mais qui êtes-vous pour menacer sans cesse le peuple ? Pourquoi ces jeunes sont-ils devenus ce que vous leur reprochez ?

Les jeunes ont connu la guerre alors qu’ils ne devaient plus en faire l’expérience. Ils ont connu la misère alors qu’on aurait pu l’éviter. Nous vivons dans un pays vieilli. Regardez les visages des jeunes dans la rue. Regardez nos bâtiments dans certains centre administratifs. Regardez comme le suicide gagne du terrain dans notre société. Regardez comme il devient difficile de croiser une personne qui respire la dignité. Nous, qui observons de loin, savons ce qui s’y passe. Nous avons vu des enfants naître dans l’opulence et grandir dans le confort, puis mépriser ceux qui les portaient et les lavaient chaque jour. Pour occuper des postes de responsabilité, il faut être fort en pensée et en action. Au Cameroun, seule la nature et ce qui l’entoure demeureront. Il faut savoir donner du temps au temps. Nous nous endormons chaque jour avec l’espoir qu’une bonne nouvelle nous parvienne, car désormais, toute bonne nouvelle sera une victoire. À l’âge où vous êtes aujourd’hui, vous attendez encore des acclamations ? Est-ce bien raisonnable ?

Peu importe votre intelligence ou votre sagesse, vous n’êtes plus capable de travailler et rendre beau ce pays. Ne pensez pas que ces fonctions existent pour vous. Souvenez-vous que vous êtes des hommes, des êtres faillibles. Vous avez oublié votre propre humanité. Ne croyez pas que nous vivons dans un pays où Dieu est mort. La retraite n’est ni une défaite, ni une sanction. Comme le disait un ancien. Vous êtes en train de façonner des mauvais Camerounais, un citoyen sans repères, sans espoir. Mais le temps finira par vous rappeler que vous n’êtes rien. Aujourd’hui, chacun doit protéger sa tribu, en reconnaître la singularité et se battre pour elle. Tous ceux qui nous dirigent aujourd’hui sont des hommes du passé, y compris certains qui cherchent encore à y accéder.