Actualités of Tuesday, 1 April 2025

Source: www.camerounweb.com

Mbalam, la bombe à retardement judiciaire au Cameroun

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Retour en 2022 : alors que le dossier Mbalam commence à s'envenimer, le ministre des Mines Gabriel Dodo Ndoké propose une solution pragmatique. Dans une note adressée au Premier ministre et au secrétariat général de la présidence, il recommande un arrangement à l'amiable pour 94 millions de FCFA. "La proposition de Gabriel Dodo Ndoke a dormi dans les tiroirs de la présidence", révèle Jeune Afrique. Ce choix d'ignorer l'avis des experts techniques au profit d'une stratégie judiciaire risquée allait se révéler catastrophique.

Aujourd'hui, le Cameroun se retrouve piégé dans une spirale infernale. La décision provisoire de la Cour internationale d'arbitrage interdisant toute exploitation du gisement de Mbalam n'est que le premier acte d'un drame judiciaire qui pourrait coûter très cher au pays. Les retards accumulés dans la défense du Cameroun - mémoire non remis à temps, absence d'avocats lors de l'audience du 28 janvier - témoignent d'une gestion pour le moins chaotique du dossier. "Non seulement les autorités n'ont pas remis dans les temps leur mémoire de défense [...], mais leurs avocats étaient absents", déplore notre source.

Les conséquences financières potentielles donnent le vertige : 5,5 milliards de dollars, soit près du tiers du budget national. Ce chiffre astronomique pose une question cruciale : qui endossera la responsabilité de cette débâcle? Entre le ministère des Mines marginalisé, la Justice mise sous tutelle et la présidence qui a imposé sa ligne, les recours semblent minces. "La présidence camerounaise a décidé, via une note transmise à Ngoh Ngoh, d'aller au contentieux plutôt que d'obtenir un arrangement", rapporte Jeune Afrique. Un choix stratégique dont les Camerounais pourraient payer le prix fort pendant des années.