Actualités of Monday, 10 March 2025

Source: www.camerounweb.com

Sacrilège : la tombe d’Ernest Ouandié a été profanée (vidéo)

Profanation de tombe Profanation de tombe

Nouvelle effroyable au Cameroun, pays où Ernest Ouandié, grand héros national, s’est construit en tant qu’homme et a donné de sa personne pour tous les Camerounais vivent heureux, dans un pays où règneraient la paix, la liberté et le développement socioéconomique. Hélas, Ernest Ouandié vient de mourir une deuxième fois.

La tombe d’Ernest Ouandié a été complètement saccagée. Selon les premières sources, ce serait lié à la haine développée ces derniers temps par des individus bien identifiés.

« Bravo aux médias de la haine au Cameroun, bravo à Elimby Lobe », écrit un informateur. En effet, l’homme politique Elimby a dit récemment des choses pas très valorisantes vis-à-vis d’Ernest Ouandié qu’une partie de la population aime tant. Ce serait un rebelle, un bandit, un fouteur de trouble selon Elimby Lobe, une déclaration qui a enclenché une série de mécontentements et de débats divers sur la place publique.

La vidéo de la tombe détruite a été postée sur les réseaux sociaux par le lanceur d’alerte N’zui Manto. Elle provoque la colère de la population.

Cet héros national dont la tête fut tranchée et envoyée à sa mère

Docteur Castor Osendé Afana c'était son nom. Né en 1930 et originaire du Centre-Cameroun, il est peu connu des Camerounais (sauf pour ceux qui s'intéressent à l'histoire du Cameroun). Pourtant, c'était un des plus grands nationalistes du Cameroun aux côtés des Um Nyobe, Félix Moumié, Ernest Ouandié, etc.

Il est d'ailleurs considéré à juste titre comme l'alter ego d’Ernest Ouandié, car les deux constituaient deux fronts de lutte respectivement à l'Ouest et à l'Est-Cameroun. Tout comme les 3 susmentionnés plus haut, il a payé chèrement sa lutte pour la libération du Cameroun.

Exclu du grand séminaire au début des années 50, il se retrouve élève et au cœur de la contestation au lycée général Leclerc comme "meneur" des élèves blacks qui exigeaient de meilleures conditions de vie pour eux à l'internat. Donc très vite, il est repéré comme "frondeur" et "élément anticolonialiste" par l'administration coloniale d'avant les indépendances qui décide donc de le surveiller de très près.

Néanmoins, il obtient brillamment son baccalauréat sur place en 1952 et se retrouve à Toulouse en France où il devient docteur en économie politique en plus d'être vice-président puis trésorier général de la FEANF qui est la Fédération des étudiants noirs en France.

Tout ce parcours académique ne l'empêche aucunement de poursuivre sa lutte, mais de plus belle qui le conduira d'ailleurs en exil vers l’Égypte où il entre dans l'UPC et devient donc le représentant du parti au Caire. À l'assassinat du "leader naturel de l'UPC" Rubem Um Nyobe par le pouvoir colonialiste, il devient davantage un collaborateur de tout premier plan dans le parti et auprès de ses camarades de lutte que sont les Ernest Moumié, Ernest Ouandié et Abel Kingue.

À l'assassinat de Ernest Moumié le 3 novembre 1960 par le nouveau régime Ahidjo, il constitue un comité révolutionnaire avec 6 autres personnes dont Ernest Ouandié, Nicanor Njawe, Ndongo Diye, Michel Ndoh, Woungly Massaga et Abel Kingue. Mais sur les 7 personnes qui constituaient ce comité, il n’y a que Ernest Ouandié et Ossende Afana qui vont décider de retourner au maquis et prennent donc respectivement les directions des fronts de l'Ouest et de l'Est-Cameroun.

Trahi par des proches, il sera traqué et arrêté puis abattu avec tous ses compagnons de lutte du front de l'est par le nouveau régime Ahidjo à Ndélélé dans le Boumba-et-Ngoko non loin de la frontière avec le Congo le 15 mars 1966. Par la suite, sa tête sera tranchée et envoyée à sa mère dans un sac poubelle. Sa pauvre mère n'a pas pu survivre à cette douleur innommable et en est morte quelques temps après. Ainsi est mort tragiquement un de nos héros nationaux.