Le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense s'est rendu auprès des éléments de la Force Multinationale Mixte pour remotiver les troupes suite à la violente attaque qui a coûté la vie à plusieurs militaires camerounais
Quelques jours après la sanglante attaque perpétrée par Boko Haram contre la base militaire de Wulgo au Nigeria, le Ministre Délégué à la Présidence de la République chargé de la Défense, Joseph BETI ASSOMO, s'est rendu auprès des éléments de la Force Multinationale Mixte (FMM). Cette visite, intervenant dans un contexte sécuritaire tendu, visait à transmettre le message de soutien du Chef de l'État, Chef Suprême des armées, et à remobiliser les troupes face aux défis croissants posés par les groupes terroristes dans la région du Lac Tchad.
"Je suis venu vous transmettre le message de solidarité et de soutien indéfectible du Président Paul BIYA, Chef Suprême des armées", a déclaré le Ministre lors de son allocution devant les militaires. "Le Chef de l'État suit personnellement la situation et a ordonné que tous les moyens nécessaires soient mis à votre disposition pour mener à bien votre mission."
L'attaque de la base militaire de Wulgo, survenue dans la nuit du 25 mars entre minuit et trois heures du matin, a été particulièrement dévastatrice. Selon le bilan officiel communiqué par l'armée camerounaise, onze militaires ont perdu la vie, bien que des sources indépendantes évoquent un bilan plus lourd pouvant atteindre 19 victimes.
D'après les informations recueillies, l'offensive s'est déroulée en deux phases distinctes. Une première vague d'attaques aurait été menée à l'aide de drones, suivie d'un assaut terrestre par des combattants lourdement armés se déplaçant dans des véhicules tactiques légers. Après plusieurs heures d'échanges de tirs, les assaillants ont pris le dessus, s'emparant d'armes et de munitions avant d'incendier les véhicules et le matériel qu'ils ne pouvaient emporter.
Cette attaque révèle une inquiétante montée en puissance des capacités opérationnelles de Boko Haram, comme l'a reconnu le chef de la division de la Communication du ministère de la Défense dans un communiqué publié le 26 mars, évoquant "des groupes terroristes du pourtour du bassin du lac Tchad, dotés d'un armement de pointe".
Lors de sa visite, le Ministre BETI ASSOMO a également exposé les nouvelles mesures envisagées pour faire face à cette menace évolutive. "Nous devons adapter notre stratégie à ces nouvelles formes d'attaques", a-t-il souligné devant les militaires. "Des renforts humains et matériels seront déployés dans les prochains jours, et nos procédures opérationnelles seront réajustées pour anticiper et contrer efficacement ces menaces."
Le Ministre a par ailleurs rencontré les blessés évacués à N'Djamena, leur témoignant la reconnaissance de la nation pour leur sacrifice.
Menaces persistantes dans la région
Selon des sources locales, les terroristes auraient désigné la localité camerounaise d'Hilé-Alifa, située dans la région de l'Extrême-Nord à proximité de la frontière nigériane, comme leur prochaine cible potentielle. Une information prise très au sérieux par les autorités militaires, qui ont renforcé les dispositifs de surveillance et de protection dans cette zone.
Le porte-parole de l'armée a annoncé que les opérations de recherche allaient s'intensifier pour neutraliser les assaillants qui se seraient repliés vers le nord-est du Nigeria, dans leurs zones de repli habituelles.