Infos Business of Thursday, 27 February 2025

Source: www.camerounweb.com

Les 500 champions africains de l'économie en 2025 selon Jeune Afrique

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Dans sa 26e édition de son classement exclusif, Jeune Afrique révèle que les champions africains perdent de l'élan, bousculés une nouvelle fois par les troubles monétaires et la baisse des prix des matières premières. Toutefois, de nombreux acteurs font preuve d'une remarquable résilience sur leurs marchés respectifs.


Selon l'analyse publiée par Jeune Afrique le 27 février 2025, le chiffre d'affaires cumulé des 500 premières sociétés africaines affiche un léger recul de 3,1%, totalisant 736,8 milliards de dollars. Ce repli intervient après une période de forte hausse où ces entreprises avaient enregistré près de 25% de croissance cumulée en deux ans.

"Portant sur l'année 2023 (ou début 2024 pour les groupes reportant des exercices décalés) et exprimé en dollars, notre échantillon affiche un léger recul", précise Jeune Afrique dans son rapport. Ce Top 500 revient ainsi à son niveau de l'exercice 2012, après avoir atteint un pic historique lors de la précédente édition (759,6 milliards de dollars).


D'après Jeune Afrique, deux facteurs majeurs expliquent cette contre-performance. D'une part, les turbulences macroéconomiques avec des crises des changes et une forte inflation dans certains pays clés. D'autre part, le repli du prix des matières premières.

Sur le front des changes, l'Égypte et le Nigeria se sont particulièrement distingués en 2023. La livre égyptienne a perdu la moitié de sa valeur face au dollar après des dévaluations en cascade. Au Nigeria, le naira a également décroché de moitié. Ces dévaluations ont mécaniquement impacté la valeur en dollars des entreprises de ces pays.


Le magazine panafricain souligne que l'Afrique du Sud continue de céder du terrain. Avec un chiffre d'affaires cumulé représentant 38,19% des 500 au travers de 137 entreprises, les représentants du pays atteignent un plus-bas historique, perdant 11 points en deux ans et 22 entreprises sur la même période.


Dans cette édition, Jeune Afrique met en lumière plusieurs évolutions sectorielles significatives :

- Le secteur minier perd plus d'un point par rapport à l'édition précédente pour atteindre 12,82% des facturations totales.

- Le secteur de l'énergie atteint un niveau inédit, représentant désormais 28% du chiffre d'affaires cumulé total.

- Le transport aérien confirme son retour en force, avec Ethiopian Airlines qui réintègre le top 15 et Royal Air Maroc qui progresse de 42 places.
- Les télécommunications, troisième secteur par ordre d'importance (10,64% de la valeur du Top 500), présentent des performances contrastées.



Malgré ce contexte difficile, Jeune Afrique signale que plusieurs entreprises tirent leur épingle du jeu. Vivo Energy fait une entrée fracassante à la troisième place du classement, conséquence du rachat de son concurrent sud-africain Engen.

"Manifestement, de nombreux grands groupes et dirigeants ont su se transformer et s'adapter à grande vitesse pour dépasser cette période délicate", témoigne Acha Leke, président de McKinsey Africa, cité par Jeune Afrique.



Pour l'avenir, Jeune Afrique rapporte que les experts restent optimistes. "Le Covid a remis la question de la production et de l'actionnariat africains en haut de l'agenda", explique Acha Leke au magazine. De plus, la croissance démographique africaine pourrait constituer un atout dans un contexte mondial de pénurie relative de main-d'œuvre, "ce qui est de nature à doper des domaines comme l'industrie manufacturière ou l'outsourcing de services."

Après ce coup d'arrêt, une reprise pourrait donc se profiler pour les champions africains de l'économie dans les prochaines années, conclut Jeune Afrique.